Témoignage Saint-Martin

Témoignage de Christophe BACQUET, secouriste à la Protection Civile du Sud Médoc. Retrouvez plus de photos dans notre galerie.

Suite au passage de l’ouragan IRMA sur les Antilles, les secours se sont organisés pour se rendre sur place et aider les populations sinistrées.

C’est finalement un groupe constitué de 22 métropolitains qui prend le départ, afin de rejoindre une équipe de la Protection Civile de Martinique déjà sur place, un binôme de la Protection Civile de Guadeloupe ainsi qu’un binôme de l’ADRASEC ayant pour mission d’établir des communications radio sur l’ile et vers la métropole.

Une fois sur place, nous avons pu observer toutes ces habitations détruites et cette végétation brulée par le sel. Les images retransmises par les médias nous avaient tous plus ou moins préparés à ça, mais le fait d’être au milieu de tout ça est quelque chose de bien plus fort.

L’ensemble des équipes se mettent rapidement au travail et nous entamons des petits chantiers de proximité afin d’aider les locaux dans les déblaiements de leurs habitations. L’arrivée d’un nouvel ouragan, MARIA, nous force à déménager dans un bâtiment sécurisé. Un de nos contacts sur place nous a mis en relation avec la directrice d’une école privée, qui a mis à notre disposition 4 salles de classe et les sanitaires.

Quelques heures avant le passage de MARIA, nous avions reçu pour mission, en collaboration avec les Sapeurs-pompiers de proposer aux populations les plus démunies, un logement d’urgence afin qu’ils soient en sécurité durant le passage de ce nouvel ouragan. Nous n’avons malheureusement pas eu le temps de l’effectuer, puisque sur le trajet nous recevons un ordre de confinement dans un délai d’une heure. Nous parcourons donc les rues en prévenant le plus de personnes possible, de se mettre à l’abri dans des maisons fragilisées et pour la plupart sans toit, au milieu de gravats et de taule. Pour ma part, c’est à ce moment-là que je prends conscience de la réelle détresse de ces habitants. Certains d’entre eux semblaient même indifférent à l’arrivée de cet ouragan, tant ils avaient tout perdu lors du passage d’IRMA. Ça a été pour moi le moment le plus marquant de cette mission.

Suite à ça, nous rentrons à notre base, en confinement pour une durée de 20 h.

Fin de confinement, MARIA n’aura pas fait de victimes, et les dégâts semblent peu importants. Nos missions peuvent reprendre, cette fois en collaboration avec les militaires de la Sécurité Civile.

Nous effectuons avec eux plusieurs missions : déblaiement de ravines, recensement des personnes présentes dans les centres d’hébergement d’urgence, reconnaissance et déblaiement des écoles, mise en place de tentes climatisées pour remplacer les salles de classes trop endommagées, bâchages de toits, évacuation et destruction de denrées alimentaires avariés, déblaiement d’un hôtel, distribution d’eau, tout en continuant à réaliser des missions courtes chez les habitants.

Les journées sont fatigantes, intenses physiquement et moralement mais le sourire et les remerciements des habitants nous motive à en faire toujours plus.

12 jours de travails intenses et de rencontres formidables, la mission s’achève pour l’ensemble des bénévoles de la Protection Civile. Malgré quelques difficultés rencontrées lors de cette mission, l’ensemble des bénévoles a su rester soudé et se soutenir dans les moments difficiles. Nous revenons de cette mission changés.

Pour ma part, la mission IRMA restera gravée dans ma mémoire, je suis fier d’avoir pu aider la population de cette manière sous les couleurs de la Protec’.